Mon manager me raccompagne en bas, je n’ai plus de badge. il va en profiter pour s’en griller une! la blague: Il pleut. Allez, petite bise, dernier “bonne continuation, amuse toi bien!” de la journée, et voila, c’est fini. je me retourne une dernière fois pour admirer ces beaux nuages gris qui se reflètent dans les vitres fumées de mon bureau. Aller, kassos, je pars vers mon bus.
Certains doivent se marrer a me lire si “nostalgique”, mais c’est comme ça! D’ici quelques heures, j’aurais le smile aux oreilles, je stresserai pour mon nouveau boulot et j’airai bien oublié ce petit pincement au coeur!
Tiens, pour couronner mon départ, voila que je rejoins a l’arrêt de bus, la petite femme de ménage qui s’occupe de mon openspace. je l’adore, elle toute gentille. je suis super contente de la croisée, là, maintenant. Je vais pouvoir dire au revoir comme elle le mérite! On discute tout le chemin. Elle est super déçue que je parte, elle me le répète 3, 4 fois, comme si elle pouvais encore me faire changer d’avis
. Elle me raconte que ça fait 14ans qu’elle bosse là, qu’elle habite a 30min d’ici, que c’est bien comme boulot, mais qu’il y a de moins en moins de gens sympa: “ya pu que di jeun qui déze meme pas bijour, y respe’t rrien!”. j’essaie de la convaincre: “ils ne sont pas méchants, ils ont besoin de grandir, c’est tout!” bref, on se quitte: “Inch Alla, on se reverra!”
(…)
RER-metro, c’est parti. A 16h30 c’est tranquille. j’ai une place assise et je peux même poser mon sac sur le siège voisin: les restes de mon pot et les chocolats que mon remplaçant m’a offert ce matin
! je m’y attendais pas, c’était pour me remercier d’avoir passer cette dernière semaine avec lui, j’aurais au moins gagné des chocos!
(… tatumtatum…)
Qu’est-ce qu’il me veut ce gros bougre assis en face? Il me regarde fixement, comme si il cherchait a me dire un truc, mais rien. Il est nerveux, tiens sa cuisse, il continue a me fixer droit dans les yeux. j’ecris. je leve les yeux de mon stylo, je recroise ses yeux. Mais quoi? quoi? quoi? Les portes s’ouvrent, je vais a droite il va a gauche, je ne saurai jamais…